La nécropole St-Jacques

Les dépôts funéraires
 

Partie d’un monument funéraire :
deux jeunes hommes nus dansant.
IIIe siècle.
En remploi dans les fondations
d’un mur du « Palais ».
Musée Carnavalet, Paris.
Cliché A.-B. Pimpaud
.


Stèle funéraire d’un cavalier auxiliaire.
En remploi au Bas-Empire dans la nécropole Saint-Marcel, 1868.
Musée Carnavalet, Paris.



Bloc sculpté représentant une cuirasse et des boucliers trouvé en remploi dans l’île de la Cité. Provient sans doute d’un grand mausolée.
Haut-Empire.
Photo prise vers 1863.
Musée Carnavalet, Paris. BHVP
.


  Des stèles

Certaines tombes étaient surmontées d’un monument funéraire ou d’une stèle. Nombre de ces stèles n’ont pas été retrouvées sur place mais en remploi dans des édifices ou des sarcophages du Bas-Empire. Les défunts étaient représentés avec les attributs de leur métier ou une inscription le mentionnant. Des stèles rappellent une carrière militaire comme ce cavalier auxiliaire terrassant de sa lance un ennemi ou ces inscriptions citant un centurion, un exarque ou un membre du peuple des Ménapes. Beaucoup évoquent des liens familiaux.

Des mausolées

Il est très probable qu’il ait existé également des mausolées et des grands tombeaux. Des textes anciens, tels celui de l’historien de Paris H. Sauval au XVIIe siècle, font mention de la découverte de tels monuments. De même, de gros blocs sculptés et décorés retrouvés en remploi peuvent également être attribués à de grands mausolées, certains des motifs qui y sont représentés relevant de thèmes funéraires attestés, comme ceux du registre de la militia (la vie est considérée comme un combat, la mort en marquant la fin). C’est, par exemple, le cas du monument dit « du désarmement de Mars par des amours » ou d’un autre orné de boucliers et de cuirasses. Un décor de cortège marin avec des nymphes, des tritons et des panthères marines peut être interprété dans le même esprit. La qualité artistique de certaines de ces œuvres et leur maîtrise d’exécution montrent la richesse et la splendeur de la ville du Haut-Empire.

Ainsi imaginons un instant un voyageur du IIe siècle qui, venant d’Orléans, l’antique Genabum, se rendait à Lutèce en empruntant la voie romaine située à l’emplacement de l’actuelle rue de la Tombe-Issoire. Après avoir longé, à sa gauche, la rigole de l’aqueduc et peut-être les arches le soutenant, la première chose qu’il devait apercevoir, à la hauteur de la rue du Faubourg-Saint-Jacques, étaient ces magnifiques et imposants édifices funéraires qui annonçaient la ville et témoignaient, jusque dans la mort, de la prospérité de ses habitants.

Bas-relief figurant un triton soufflant et portant une néréide, sans doute un élément d’un mausolée. Haut-Empire. En remploi dans le decumanus bordant, au sud, la basilique du Marché aux Fleurs, 1982.
Musée Carnavalet, Paris.
Cliché A.-B. Pimpaud.