Les îles
 

Infographie
A.-B. Pimpaud




A l’instar du cours de la Seine, les îles du Paris actuel ne reflètent que très imparfaitement leur configuration avant l’urbanisation du site. En effet, avant que l’homme n’intervienne sur le régime et le cours du fleuve, l’implantation et la forme des îles pouvaient être très variables, celles-ci se façonnant et disparaissant au cours des millénaires en fonction des variations d’activité du cours d’eau.

La seule dont nous puissions reconstituer l’histoire n’échappe guère à cette réalité.A l’origine, l’île de la Cité était constituée d’un noyau sableux de quelques hectares autour duquel se sont agrégés des bancs de dépôts alluviaux.
  Il faut donc se représenter une « île » entourée d’îlots séparés par un écheveau de chenaux. Sur un de ces îlots furent mis en évidence des traces de fréquentation depuis le Néolithique, mais il est difficile d’en dire plus car une recrudescence de l’activité de la Seine survenue à la fin de l’époque romaine a fait disparaître une grande partie des dépôts. On voit bien à quel point la topographie des îles a pu être fluctuante et combien il est difficile d’entreprendre toute reconstitution précise.

Cette constante évolution des îles n’est pas sans conséquence. En effet, celles-ci ont joué un rôle déterminant dans l’intérêt que pouvait présenter le site aux yeux de ceux qui choisirent de s’y installer : constituant parfois un atout pour le franchissement du fleuve, elles pouvaient, à l’inverse, être sources de difficultés pour la navigation fluviale. Et l’on comprend ainsi bien mieux le rôle que jouèrent les nautes de l’Antiquité, ces pilotes bateliers connaissant mieux que quiconque les subtilités de la navigation sur un tel cours d’eau.